Motorisation repensée : clé de la renaissance du Falcon 6X

à l'origine le Falcon 5X devait utiliser deux moteurs Safran Silvercrest pour propulser leur avion 
mais suite à des difficultés et poussant à repousser la livraison d'origine prévu en 2013 retardé jusqu'à 2017 sur le calendrier de livraison des moteurs, pour que finalement en automne 2017, Safran annonça d'un retard supplémentaire et de nouvelles dégradations de performances rendant le lancement du projet initialement prévu en 2020 impossible. Le suspense aura été de courte durée, Eric Trappier le PDG de Dassault Aviation annoncera le 13 décembre 2017 l'abandon du programme Falcon 5X, et seulement deux mois après l'abandon du projet, Dassault Aviation dévoile son nouveau jet d'affaire : Le Falcon 6X.

Dassault aviation se tournera vers les moteurs Pratt & Whitney Canada PW800 de 60kN chacun, cette avion aura un fuselage allongé de 51cm comparé au Falcon 5X, il sera capable de parcourir 10 200 kilomètres sans escale, avec une vitesse maximale de Mach 0.90 soit 956km/h il peut relier Pékin à San Francisco ou encore Paris à Tokyo sans escale.

Premiers essais en vol : des résultats très positifs 
Le Falcon 6X n°3 est présenté lors du roll-out du premier Falcon 6X, le 8 décembre 2020, sur le site de Bordeaux-Mérignac. Le 10 mars 2021, le Falcon 6X n°1 prend son envol pour la toute première fois, sous les yeux des équipes de Dassault Aviation. Aux commandes, les pilotes d’essais « Tom » et « Bruno » réalisent ce vol inaugural, tandis que les ingénieurs suivent en temps réel, depuis le centre de contrôle, les images, les communications et l’ensemble des paramètres de l’appareil. Ce premier vol est un franc succès.
Pour la campagne d’essais en vol du Falcon 6X, Dassault Aviation utilise les trois premières machines comme prototypes. Après la réussite des premiers essais, celles-ci sont envoyées sur la base aérienne 125 d’Istres. Ce choix n’est pas anodin : la base dispose de nombreux atouts, notamment une piste exceptionnelle de 5 000 mètres, utilisée par la NASA comme piste de secours pour la navette spatiale américaine. Elle bénéficie également d’un espace aérien vaste et adapté, permettant de réaliser des essais à risque ou générant du bruit sans perturber les populations. La proximité de la Méditerranée constitue aussi un avantage, notamment pour certains profils d’essais spécifiques.
Le site d’Istres n’est pas dédié à la production des avions, mais aux essais et à l’amélioration des appareils. Environ 600 personnes ingénieurs, mécaniciens et pilotes y travaillent conjointement pour mettre au point les prototypes, où la moindre erreur de calcul ou de réglage pourrait avoir des conséquences critiques.
En route vers la certification 
Les essais en vol se poursuivent sur la base aérienne d’Istres. L’objectif est de s’assurer, avant sa mise en service, que l’appareil est sûr et qu’il peut être exploité en toute sécurité, tant pour les passagers que pour les populations survolées. L’avion doit également atteindre l’ensemble des performances attendues. Pour cela, les équipes procèdent à l’exploration du domaine de vol, en poussant l’appareil au-delà de ses limites nominales, jusqu’à Mach 0,97 alors qu’il est initialement conçu pour voler à Mach 0,90. Cette phase permet de valider les marges de sécurité.
Les équipes sont également chargées de tester les situations les plus critiques. Il s’agit notamment de démontrer que l’avion est capable de s’arrêter dans les conditions les plus défavorables, par exemple lors d’un décollage interrompu en cas de panne ou d’obstacle sur la piste. Cela revient à stopper une machine lancée à 300 km/h, pesant plus de 35 tonnes, dont l’énergie considérable doit être absorbée par les freins, sans provoquer d’incident.
Certaines campagnes d’essais ne peuvent toutefois pas être réalisées en France. C’est le cas des essais en conditions extrêmes, dits « temps chaud » et « temps froid ». Ils consistent à prouver que l’avion fonctionne dans des environnements allant jusqu’à 48 °C réalisé en Tunisie, ou jusqu’à -38 °C dans le nord du Canada. Des essais en haute altitude sont également menés, notamment à la Paz, afin de démontrer que l’appareil reste sûr, y compris en cas de panne moteur ou de freinage d’urgence dans ces conditions.
Tout ce qui peut être testé l’est, afin de garantir que, quelles que soient les conditions rencontrées, l’avion sera capable de réagir de manière sûre et maîtrisée.
Ultime étape avant l’entrée en service 
Le Falcon 6X n°4 est utilisé comme démonstrateur. Il réalise notamment une tournée mondiale d’essais, avec plus de 50 vols totalisant près de 50 000 milles nautiques, à un rythme pouvant atteindre jusqu’à cinq vols par jour. Il parcourt ainsi le monde entier afin de démontrer sa maturité lors de missions réelles, dans des conditions variées, en vue de sa commercialisation. Il est notamment présenté au Salon du Bourget à Paris, ainsi qu’au salon EBACE à Genève, et dans de nombreux autres événements à travers le monde.
Après plus de 1 500 heures de vol et deux années d’essais, l’appareil obtient sa certification de type délivrée par l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne le 22 août 2023. Dassault Aviation annonce alors son entrée en service le 30 novembre 2023. Le tout premier exemplaire est livré en février 2024, avec notamment une utilisation à caractère militaire. En 2024, l’Irish Air Corps annonce l’acquisition d’un Falcon 6X pour intégrer sa flotte.
Concernant les prototypes, Dassault Aviation conserve le Falcon 6X n°1 afin de poursuivre les essais en vol et le développement continu de l’appareil. Les deux autres sont entièrement rénovés pendant plus d’un an, puis remis à neuf avant d’être vendus. Ils sont ensuite envoyés en phase finale à l’usine de Little Rock, aux États-Unis, où ils sont peints et aménagés selon les exigences des clients.
Le Falcon 6X est désormais prêt à conquérir le monde.

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